Prendre rendez-vous →

Coronarographie, Angioplastie & Stent

Qu’est-ce que la coronarographie ?

La coronarographie est l’examen de référence pour visualiser les artères coronaires — les trois vaisseaux qui irriguent le muscle cardiaque. Elle consiste à injecter un produit de contraste iodé directement dans les coronaires via un cathéter fin, guidé sous contrôle radiologique en temps réel. Les images obtenues montrent précisément le calibre des artères et l’emplacement d’éventuels rétrécissements.

Indications principales :

  • Suspicion ou confirmation d’une maladie coronarienne stable (angor d’effort, ischémie documentée)
  • Syndrome coronarien aigu (infarctus, angor instable)
  • Bilan préopératoire avant chirurgie cardiaque valvulaire ou aortique
  • Suivi après revascularisation chirurgicale (pontages)

Voie d’abord : la coronarographie est aujourd’hui réalisée en priorité par voie radiale (poignet), plus confortable, moins hémorragique et permettant un lever rapide. La voie fémorale (aine) est réservée à certaines situations anatomiques particulières. L’examen dure entre 20 et 40 minutes, sous anesthésie locale au point de ponction.

Les sténoses coronaires

Les rétrécissements coronaires résultent de l’accumulation progressive de plaques d’athérosclérose dans la paroi artérielle : dépôts de cholestérol, cellules inflammatoires et tissu fibreux constituent une plaque qui réduit progressivement la lumière du vaisseau. Ce processus évolue silencieusement pendant des années avant de provoquer des symptômes.

On distingue différents types de lésions selon leur complexité :

  • Lésions simples — sténose courte, concentrique, sur un segment droit d’une artère de bon calibre
  • Bifurcations — rétrécissement à l’embranchement de deux branches coronaires, nécessitant une technique de stenting spécifique (crush, culotte, T-stenting…)
  • Lésions calcifiées — les dépôts calcaires rendent la paroi artérielle rigide et résistante à la dilatation par ballonnet, nécessitant des techniques préparatoires dédiées
  • Occlusions chroniques totales (CTO) — artères complètement obstruées, abordables par des techniques de recanalisation spécialisées

L’angioplastie coronaire et le stenting

Lorsqu’une sténose significative est identifiée, une angioplastie peut être réalisée : un ballonnet est gonflé à l’intérieur du rétrécissement pour comprimer la plaque, puis un stent — un petit ressort métallique expansible — est déployé pour maintenir le vaisseau ouvert. Les stents utilisés aujourd’hui sont presque exclusivement des stents actifs (drug-eluting stents), imprégnés d’un médicament anti-prolifératif qui réduit le risque de re-sténose à moins de 5 % à un an.

Techniques pour les lésions complexes :

  • Rotablation — une fraise diamantée animée d’une rotation à haute vitesse abrase les dépôts calcaires, rendant la paroi artérielle compliant avant la dilatation au ballonnet et l’implantation du stent
  • Lithotritie coronaire (IVL) — des ondes de choc ultrasonores fragmentent les calcifications intramurales profondes, permettant une préparation optimale sans abrasion mécanique
  • FFR / iFR — mesure fonctionnelle de la sévérité d’une sténose : un capteur de pression évalue si un rétrécissement limite réellement le flux sanguin au-delà de son aspect angiographique. Cette mesure guide la décision de stenter ou non, en particulier pour les lésions d’interprétation intermédiaire
  • OCT (tomographie par cohérence optique) — imagerie endocoronaire à très haute résolution qui guide l’implantation du stent, vérifie l’apposition des mailles et optimise le résultat en temps réel

Déroulement de l’intervention

L’angioplastie se déroule dans une salle de cathétérisme cardiaque (ou salle hybride), équipée de fluoroscopie haute résolution et d’un monitoring cardiaque continu. L’équipe comprend un cardiologue interventionnel, un infirmier de salle et un manipulateur radio.

Sous anesthésie locale, le cathéter est introduit par le poignet ou l’aine, guidé jusqu’aux coronaires par voie artérielle. Le ballonnet et le stent sont positionnés avec précision sur la lésion sous contrôle radiologique. La durée varie de 30 minutes pour une lésion simple à 2-3 heures pour une lésion complexe (bifurcation, CTO, lésion très calcifiée). L’hospitalisation est courte : 1 à 2 nuits pour une angioplastie programmée, avec un lever rapide possible dès le lendemain par voie radiale.

Suivi après angioplastie

Le traitement essentiel après la pose d’un stent actif est la double antiagrégation plaquettaire : aspirine associée à un second antiagrégant (clopidogrel, ticagrélor ou prasugrel) pendant 6 à 12 mois, parfois plus selon le contexte clinique. Ce traitement est non négociable dans les premiers mois : interrompre prématurément l’antiagrégation expose à un risque de thrombose aiguë du stent, événement grave.

Au-delà du traitement médicamenteux, le suivi implique :

  • Un cardiologue référent qui coordonne le suivi au long cours
  • Un contrôle de l’ECG d’effort ou de l’imagerie fonctionnelle à distance pour vérifier l’absence de récidive
  • La prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires : hypertension, dyslipidémie, diabète, tabagisme, sédentarité

Mon approche

Ma formation à l’AP-HP (Lariboisière, Bichat) et mon activité interventionnelle quotidienne m’ont conduit à traiter l’ensemble du spectre coronarien : de la coronarographie diagnostique simple aux angioplasties les plus complexes — bifurcations, occlusions chroniques totales, lésions calcifiées abordées par rotablation ou lithotritie intracoronaire, avec guidage OCT systématique pour optimiser les résultats.

Mais réaliser un geste technique n’est pas une fin en soi. Lorsqu’un patient me consulte pour un bilan coronaire, ma première question est toujours : faut-il intervenir ? La coronarographie peut conclure à une surveillance avec optimisation médicale, à une revascularisation percutanée que je réalise, ou à une orientation vers un chirurgien pour un pontage. Cette décision est prise en intégrant l’anatomie coronaire, la fonction ventriculaire, les comorbidités et les souhaits du patient.

Questions fréquentes

La coronarographie est-elle douloureuse ?
Non. L'examen est réalisé sous anesthésie locale au point de ponction (poignet ou aine). Vous pouvez ressentir une légère chaleur au moment de l'injection du produit de contraste, mais la procédure n'est pas douloureuse. La durée est courte : 20 à 40 minutes. Une légère sédation peut être proposée pour les patients anxieux.
Peut-on réaliser la coronarographie et l'angioplastie le même jour ?
Oui. Lorsqu'un rétrécissement significatif est découvert pendant la coronarographie, l'angioplastie avec pose de stent peut être réalisée dans la même procédure, dans le même temps. C'est la stratégie habituellement retenue en cas de syndrome coronarien aigu ou lorsque la décision de revasculariser a été prise à l'avance après bilan fonctionnel.
Combien de temps dure l'hospitalisation après une angioplastie ?
En dehors de l'urgence, une angioplastie élective se réalise en hospitalisation courte : 1 à 2 nuits. La voie radiale (par le poignet) permet une mobilisation rapide et un retour à domicile le lendemain dans la majorité des cas. En cas d'infarctus (angioplastie primaire), la surveillance est plus longue : 3 à 5 jours.
Peut-on arrêter le traitement antiagrégant après un stent ?
Non, pas sans avis médical. Après la pose d'un stent actif, une double antiagrégation plaquettaire (aspirine + un second médicament de type clopidogrel, ticagrélor ou prasugrel) est impérative pendant 6 à 12 mois pour éviter la thrombose du stent. Arrêter prématurément ce traitement expose à un risque d'infarctus grave. Toute intervention chirurgicale programmée pendant cette période doit être discutée avec le cardiologue référent.